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Les tribulations de la cuisinière anglaise

Les tribulations de la cuisinière anglaise
Margaret Powell, chez Payot, 2013- réédition de 1968 (traduction de Below Stairs)

 

Peut-être êtes-vous accros à la série Downton Abbey, ou à Maîtres et Valets – Voici donc le livre qui, dit-on en est l’inspiration et qui décrit les conditions de travail des domestiques et leurs rapports avec les patrons – ceux de la Haute Société anglaise au début du 20e siècle.

 

Entrer en condition

L’auteure de cette autobiographie, Margaret Powell, naît en 1907; elle rêvait d’être institutrice, ses parents ne peuvent lui payer les études nécessaires, elle devra «entrer en condition», c’est-à-dire devenir domestique au service des familles riches. C’est ainsi qu’elle identifie son travail tout au cours du récit : entrer en condition.

tribulationsÀ 15 ans, elle commence à travailler comme fille de cuisine. Être fille de cuisine est une des statuts les plus ingrats car, non seulement elle sera au service des patrons, mais elle sera également au service des domestiques. Plus tard, elle deviendra cuisinière, un poste qui offre une certaine liberté car le contact est parfois direct avec la patronne des lieux.

Elle va donc passer toute sa vie dans les cuisines de la « haute société » des patrons pour qui les domestiques étaient une race à part, «une sous-espèce vivant sous terre». Elle nous fait bien sentir ces 2 univers parallèles : en haut et en bas !

 

La ménagerie humaine

D’ailleurs, à cette époque, le duc de Westminster avait à son service, ce qu’il appelait sa ménagerie humaine, plusieurs centaines de serviteurs. À partir du majordome, femme de service, valet de pied, femme de chambre, aide-femme de chambre, gouvernante, jardinier, chauffeur, fille de cuisine, cuisinière… et j’en passe…

Tout au long de ce livre, elle dénonce les conditions de travail, elle parle d’inégalités et d’injustice à une époque où les domestiques devaient se taire s’ils voulaient conserver leur emploi.

D’ailleurs cette anecdote qu’elle partage résume bien le rapport entre ces deux mondes :

À ces débuts, alors qu’elle n’est encore que fille de cuisine, un matin, elle nettoie les escaliers, le livreur lui tend le journal et spontanément, elle le tend à Mrs Clydesdale, sa patronne. Sa patronne, la regarde froidement et lui dit : « Vous ne devez jamais, jamais vous m’entendez, sous aucun prétexte, me tendre quoi que ce soit avec vos mains; toujours sur un plateau d’argent. Votre mère a pourtant été en condition. Elle ne vous a donc rien appris !»

Voilà le ton qui était réservé à tous ces domestiques que la Haute Société considérait comme « un mal nécessaire » ! Selon EUX, (c’est ainsi qu’on appelait les patrons), les domestiques étaient incapables d’apprécier les bonnes choses, ni le confort; il fallait donc les nourrir très simplement, les faire travailler et les loger dans des chambres nues et glaciales…

À lire pour comprendre le rapport entre ces deux mondes ! et pour apprendre quelques détails intéressants dont le fait qu’un service de table complet de porcelaine compte 126 pièces et devait être lavé une fois/semaine … !!

Mais quel mauvais titre en français alors que l’anglais est si parlant : Below Stairs.

 

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